découvrez les 30 maladies pouvant ouvrir droit à une prise en charge à 100 % par l’assurance maladie, ainsi que les conditions applicables.

Liste des 30 maladies prises en charge à 100 % par la sécurité sociale

Les affections de longue durée (ALD) permettent, sous certaines conditions, une prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie des soins liés à une maladie grave ou chronique. L’expression « liste des 30 ALD » reste couramment employée, même si l’hypertension artérielle sévère, autrefois inscrite dans cette liste, ne peut plus donner lieu à une nouvelle admission à ce titre. Les personnes déjà reconnues pour ce motif conservent leurs droits.

Cette prise en charge ne signifie pas que toutes les dépenses de santé sont gratuites. Elle s’applique aux soins en rapport avec l’affection et sur la base des tarifs de la Sécurité sociale ; des frais peuvent rester à payer, notamment en cas de dépassement d’honoraires. Pour comprendre ce que couvre réellement le dispositif, il faut donc distinguer la maladie inscrite sur la liste, les critères médicaux d’admission et le périmètre défini par le protocole de soins.

Le parcours de Sophie, atteinte d’une maladie chronique, l’illustre simplement : le nom de sa maladie ne suffit pas à ouvrir automatiquement des droits. Son médecin traitant doit évaluer sa situation, préparer une demande et préciser les soins concernés. La décision appartient ensuite au service médical de l’Assurance Maladie. Voici les repères essentiels pour lire la liste et comprendre les démarches.

En bref sur la liste des 30 maladies prises en charge à 100 %

  • L’ALD exonérante ouvre droit à l’exonération du ticket modérateur pour les soins en rapport avec l’affection reconnue.

  • La liste comporte 30 rubriques historiques, mais l’hypertension artérielle sévère ne permet plus de nouvelle admission depuis son retrait de la liste.

  • L’admission n’est pas automatique : la gravité de la situation, les traitements requis et les critères médicaux sont examinés.

  • Le protocole de soins précise le parcours pris en charge ; une ALD ne couvre pas à 100 % les dépenses sans lien avec la maladie.

  • Des frais peuvent rester à la charge du patient, notamment les dépassements d’honoraires, certaines participations et les soins non remboursés par l’Assurance Maladie.

Que signifie une affection de longue durée prise en charge à 100 % ?

Une affection de longue durée est une maladie nécessitant des soins prolongés et, selon les cas, un traitement particulièrement coûteux. Lorsqu’elle est reconnue comme ALD exonérante, le patient est dispensé du ticket modérateur pour les soins liés à cette affection. C’est cette règle que désigne l’expression prise en charge à 100 %.

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Le remboursement est calculé sur la base du tarif de la Sécurité sociale, et non nécessairement sur le prix réellement facturé. Ainsi, si une consultation dépasse le tarif conventionnel, l’écart ne devient pas automatiquement remboursable du fait de l’ALD. La mutuelle peut couvrir une partie de ce reste à charge selon les garanties du contrat.

ALD exonérante, ALD hors liste et ALD non exonérante

Les ALD exonérantes regroupent les affections de la liste réglementaire, ainsi que certaines situations reconnues hors liste ou au titre d’une polypathologie. Pour ces cas, l’exonération du ticket modérateur s’applique aux soins en rapport avec l’état de santé reconnu.

Une ALD hors liste, souvent appelée ALD 31, peut concerner une maladie grave qui ne figure pas parmi les rubriques officielles, mais qui nécessite un traitement prolongé et particulièrement coûteux. L’ALD dite de polypathologie, parfois désignée ALD 32, concerne des personnes dont plusieurs affections entraînent ensemble un état invalidant et des soins continus. L’admission est étudiée au cas par cas.

Enfin, une ALD non exonérante peut permettre un suivi prolongé sans ouvrir droit à l’exonération du ticket modérateur. Dans ce cas, le remboursement des soins reste soumis aux taux habituels. Le nom « ALD » seul ne suffit donc pas à déterminer le niveau de remboursement.

La liste des 30 ALD et les maladies concernées

Le tableau ci-dessous reprend les rubriques de la liste historique des ALD exonérantes. Les intitulés comportent parfois des critères comme « grave », « évolutive » ou « invalidant » : ces termes ont une importance réelle. Être atteint d’une maladie mentionnée ne garantit pas, à lui seul, une admission ; l’état clinique et les soins nécessaires sont évalués.

Numéro Affection inscrite dans la liste Repère important
1 Accident vasculaire cérébral invalidant La reconnaissance dépend notamment des séquelles et des soins requis.
2 Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques La situation médicale et le suivi spécialisé sont examinés.
3 Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques L’intitulé vise des formes répondant aux critères médicaux.
4 Bilharziose compliquée La complication est déterminante pour l’admission.
5 Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves ou cardiopathies congénitales graves La gravité et le parcours de soins sont évalués.
6 Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses La maladie doit correspondre aux critères prévus.
7 Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé et infection par le VIH La prise en charge est liée aux soins concernés par l’affection reconnue.
8 Diabète de type 1 et de type 2 Le diagnostic n’entraîne pas automatiquement une admission ; le dossier médical est étudié.
9 Formes graves des affections neurologiques et musculaires, dont les myopathies, et épilepsies graves La sévérité de l’affection et les traitements sont pris en compte.
10 Hémoglobinopathies, hémolyses chroniques constitutionnelles ou acquises sévères Seules les formes répondant aux critères sont concernées.
11 Hémophilies et affections constitutionnelles graves de l’hémostase L’évaluation porte sur la pathologie et les soins nécessaires.
12 Hypertension artérielle sévère Rubrique retirée : elle ne permet plus de nouvelle admission à elle seule. Les droits déjà accordés sont maintenus.
13 Maladie coronaire L’admission dépend de la situation médicale et du traitement requis.
14 Insuffisance respiratoire chronique grave La gravité et les besoins de soins sont déterminants.
15 Maladie d’Alzheimer et autres démences La maladie et le parcours de soins sont évalués.
16 Maladie de Parkinson La reconnaissance n’est pas automatique.
17 Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé Le caractère spécialisé et prolongé du traitement est pris en compte.
18 Mucoviscidose Les soins concernés sont précisés dans le protocole.
19 Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif La situation rénale et les besoins thérapeutiques sont étudiés.
20 Paraplégie Le suivi et les soins liés à l’affection sont concernés.
21 Périartérite noueuse, lupus érythémateux aigu disséminé et sclérodermie généralisée évolutive L’évolution et la gravité sont prises en compte.
22 Polyarthrite rhumatoïde évolutive Le caractère évolutif de la maladie compte dans l’évaluation.
23 Affections psychiatriques de longue durée La demande repose sur une évaluation médicale individuelle.
24 Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives La maladie et les soins requis sont examinés.
25 Sclérose en plaques Le protocole définit les soins en rapport avec l’affection.
26 Scoliose structurale évolutive Le caractère évolutif doit correspondre aux critères médicaux.
27 Spondylarthrite grave La gravité de la forme est déterminante.
28 Suites de transplantation d’organe Les soins liés aux suites de la transplantation sont pris en compte.
29 Tuberculose active et lèpre La demande s’appuie sur l’état médical et le traitement nécessaire.
30 Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique Les soins en rapport avec l’affection sont définis dans le protocole.

La mention « ALD 30 » demeure donc utile pour désigner la liste, mais elle ne signifie pas que 30 rubriques ouvrent toutes aujourd’hui de nouveaux droits. Le cas de l’hypertension artérielle sévère est particulier : les personnes qui en bénéficiaient déjà conservent leur prise en charge, tandis qu’une nouvelle demande ne peut plus être accordée sur ce seul motif.

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Quels soins sont couverts par la prise en charge à 100 % ?

Lorsqu’une ALD exonérante est accordée, le dispositif couvre les soins remboursables par l’Assurance Maladie qui sont en rapport avec l’affection et relèvent du protocole de soins. Selon la situation, il peut s’agir de consultations, d’examens, d’analyses, de médicaments, d’hospitalisations ou de transports médicaux prescrits et pris en charge selon les règles applicables.

Le protocole de soins, établi par le médecin traitant en lien avec les professionnels concernés, organise ce parcours. Il permet notamment de distinguer les soins liés à l’ALD des autres soins. Pour Sophie, suivie pour une affection chronique, les rendez-vous et examens prévus pour cette maladie peuvent relever de l’exonération ; une consultation pour une entorse sans lien avec elle reste remboursée aux conditions ordinaires.

Les frais qui peuvent rester à payer

Le remboursement à 100 % concerne le tarif de référence de la Sécurité sociale, pas nécessairement l’intégralité de la facture. Les dépassements d’honoraires, les franchises médicales, la participation forfaitaire et certains frais hospitaliers peuvent rester à la charge du patient selon les règles en vigueur et sa situation.

Les équipements ou prestations qui ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie ne deviennent pas automatiquement pris en charge parce qu’une ALD a été reconnue. Une complémentaire santé peut contribuer à réduire certains frais, mais les garanties varient d’un contrat à l’autre. Vérifier le devis et les garanties avant un soin coûteux aide à éviter les mauvaises surprises.

Le point décisif est donc le lien entre le soin et l’affection reconnue : c’est lui qui détermine l’application de l’exonération, tandis que le tarif de référence encadre le remboursement.

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Comment demander la reconnaissance d’une ALD ?

La démarche commence généralement avec le médecin traitant. S’il estime que la situation répond aux critères d’une ALD exonérante, il prépare un protocole de soins qui décrit l’affection et les soins nécessaires. Le dossier est transmis au service médical de l’Assurance Maladie pour examen.

  1. Faire le point avec le médecin traitant. Il évalue la maladie, les traitements et les besoins de suivi.

  2. Établir le protocole de soins. Le document précise les soins en rapport avec l’affection et les professionnels susceptibles d’intervenir.

  3. Transmettre la demande à l’Assurance Maladie. Le service médical examine les éléments médicaux et décide de la reconnaissance.

  4. Prendre connaissance de la décision et des modalités. En cas d’accord, le patient et les professionnels concernés peuvent appliquer le parcours prévu ; en cas de refus ou de question, la caisse peut indiquer les voies de recours.

La durée de reconnaissance dépend de l’affection et de la situation médicale. Elle est précisée dans la décision ; un renouvellement peut être demandé lorsque les critères restent réunis. Il est utile de conserver les informations relatives au protocole et de signaler au médecin traitant tout changement important dans le parcours de soins.

Les renseignements officiels sur les démarches et les remboursements sont disponibles sur le site de l’Assurance Maladie. Pour les règles réglementaires, le site de Légifrance permet de consulter les textes en vigueur.

ALD et droits des patients : travail, arrêt maladie et invalidité

La reconnaissance d’une ALD concerne d’abord la prise en charge des soins. Elle n’interdit pas de travailler et ne déclenche pas automatiquement une pension d’invalidité, un complément de salaire ou un départ à la retraite particulier. Ces droits répondent à des critères distincts et nécessitent, selon les cas, des démarches auprès de l’Assurance Maladie, de l’employeur ou d’autres organismes.

Un arrêt de travail peut être prescrit si l’état de santé le justifie, mais il n’est pas automatique du fait du statut ALD. Les indemnités journalières et leur durée dépendent des règles applicables à la situation. De même, une pension d’invalidité peut être envisagée si la capacité de travail est réduite, après évaluation selon les critères prévus.

En cas de difficulté professionnelle ou financière, le médecin traitant, le service social de l’Assurance Maladie et l’employeur peuvent aider à identifier les démarches adaptées. L’ALD ouvre un cadre de soins ; elle ne remplace pas l’examen individuel des autres droits des patients.

Questions fréquentes sur les affections de longue durée

Quelles maladies figurent dans la liste des 30 ALD ?

La liste comprend notamment certains cancers, le diabète, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les maladies psychiatriques de longue durée, la mucoviscidose et des affections cardiovasculaires ou rénales graves. Les 30 rubriques historiques sont détaillées dans le tableau ; l’hypertension artérielle sévère ne permet plus de nouvelle admission à elle seule.

Une maladie inscrite sur la liste donne-t-elle automatiquement droit à une ALD ?

Non. Le médecin évalue la situation, les critères médicaux, la gravité et les soins nécessaires. La demande est ensuite examinée par le service médical de l’Assurance Maladie.

La prise en charge à 100 % signifie-t-elle que tous les soins sont gratuits ?

Non. L’exonération du ticket modérateur concerne les soins en rapport avec l’ALD et remboursables sur la base des tarifs de la Sécurité sociale. Des frais peuvent rester à payer, notamment les dépassements d’honoraires, certaines participations et les dépenses non remboursées.

Peut-on travailler lorsqu’on est reconnu en ALD ?

Oui. L’ALD porte sur la prise en charge des soins et n’interdit pas de travailler. Un arrêt de travail ou un aménagement professionnel peut être envisagé si l’état de santé le justifie, selon les démarches et critères applicables.

Une ALD donne-t-elle automatiquement droit à une pension d’invalidité ?

Non. Une pension d’invalidité fait l’objet d’une demande et d’une évaluation distinctes. Le statut ALD ne la déclenche pas automatiquement.

Auteur/autrice

  • Camille Fontaine

    Journaliste spécialisée dans le bien-être et la santé du quotidien, Camille anime la rédaction de Vivre Santé. Elle aime rendre l'information santé simple, concrète et bienveillante — sans jargon ni promesses miracles.